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Joan Osborne

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Biographie

Joan Elizabeth Osborne est née le 8 juillet 1962 à Anchorage, dans le Kentucky. La plus créative et fantaisiste des six enfants de Ruth et Jerry Osborne exprime très tôt un goût pour l'art, le théâtre et la musique. Cultivée et travailleuse, elle porte sur elle les espoirs de ses parents, catholiques et plus terre à terre. Elle crée un premier groupe de rock au lycée, dans les années 1980, puis part vivre à Louisville, grande ville au nord de l'Etat, étudier les arts du spectacle et tenter sa chance sur scène, partout où elle peut.
C'est au Greenwich village à New York, que l'étincelle se produit. Malgré la bourse qu'elle a obtenue pour étudier le cinéma et la mise scène à l'Université de New York, elle est fauchée lorsqu'elle est enfin engagée au Abilene Café, pour y jouer chaque semaine. Son répertoire est composé de reprises de classiques de gospel, blues et soul de ses idoles : Mavis Staples, Billie Holiday, Janis Joplin, Etta James ou encore Aretha Franklin. Elle y peaufine un style entre pop et blues.

Sa voix, son charme et son look hippie, lui confèrent une présence chaleureuse sur scène. Il émane de Joan Osborne quelque chose de calme et de réfléchi, à mille lieues d'une pop star éphémère. Elle persiste donc et crée son propre label Womanly Hips Music. Un nom qui conjugue le succès (hips) au féminin et fait aussi référence à ses propres « hanches de femme ». Joan Osborne se révèle être, dès ses débuts, une fervente activiste et supportrice de la cause féminine.

Son label lui permet de produire et de publier en 1991, un premier disque live Soul Show. Il est suivi de Blue Million Miles en 1993. Rick Chertoff, musicien et producteur, la remarque. Il vient lui aussi de créer son label, Blue Gorilla. Il la présente à deux musiciens, Robert Hyman et Eric Bazalian avec qui elle écrit, compose et enregistre en un temps record l'album Relish, qui sort en octobre 1995. Il contient le titre « One Of Us ». Cette chanson, innocente mais brillante, devient un tube mondial imparable. « Et si dieu était l'un de nous ? Un pauvre type ? Un étranger assis dans le bus qui rentre seul chez lui ? Continueriez-vous de croire ? »...

Les progressistes saluent un hymne fort, la droite religieuse américaine y voit un blasphème. La controverse est en tout cas du pain bénit pour Joan Osborne : l'album est nominé sept fois aux Grammy Awards, il s'en écoule trois millions d'exemplaires, ce qui propulse la chanteuse au sourire charmeur et aux boucles d'or, au rang de star. Les ventes de Relish perdurent plusieurs années après sa sortie et Joan Osborne gère son succès avec sérénité.

Mercury en profite pour ressortir ses premiers enregistrements (Early Recordings) et elle, utilise sa célébrité pour s'investir dans des causes politiques et sociales. Elle participe au festival 100% féminin Lilith Fair, dénonçant les différences misogynes au sein de l'industrie musicale, aux côtés de Sheryl Crow, Tracy Chapman et Suzanne Vega, ainsi qu'à la tournée et l'album collectif Rock the Vote en 1998.

Retour mitigé

En 2000, elle publie enfin un nouvel album. Mais la blonde, devenue brune, a poli son blues-rock précédemment plus brut. Righteous Love est davantage un album de pop-rock qui, malgré des arrangements soignés, ne rencontre pas la même réussite. Sa voix n'a pourtant pas perdu sa saveur et elle le prouve en 2002 avec un bel album de reprises How Sweet It Is. Avec des titres de références d'Otis Redding, Aretha Franklin ou encore The Spinners, Osborne prouve qu'elle peut exceller dans cet exercice traditionnel souvent galvaudé.
La chanteuse poursuit sa route malgré le fait que la major Mercury/Polygram l'ait remercié et que certains croient sa carrière finie. Il faut dire que l'artiste, « spirituelle » et engagée, attire la sympathie. Elle met un point d'honneur à sensibiliser le public au respect et à l'entre-aide au-delà des différences, et met à profit les quelques cours de chant qawwalî (chant sacré islamique issu du soufisme) qu'elle a suivi avec le maître Nusrat Fateh Ali Khan.En 2003, elle apparait sur scène dans le film-documentaire sur les Funk Brothers, Standing in the Shadows of Motown, puis avec les Dixie Chicks. Enfin, elle participe à la tournée de The Dead (suite de The Grateful Dead). En 2004, sort un album de chansons de Noël, exercice très populaire de l'autre côté de l'Atlantique, intitulé Christmas Means Love, fidèle, donc, à sa philosophie. Après une incartade vers une pop-country acidulée, mais parfois un peu creuse, sur Pretty Little Stranger (2006), elle signe un nouvel album de reprises de classiques, Breakfast in Bed (2007) où l'on retrouve la chanson éponyme de Dusty Springfield, mais aussi Bill Withers, aux côtés de six nouvelles chansons.

Renaissance
Alors que son public se demande si son talent ne risque pas d'être étouffé par cette nostalgie, elle refait appel à Robert Hyman, Eric Bazalian et Rick Chertoff pour enregistrer Little Wild One. Sorti en 2008, il s'agit d'un retour au songwriting personnel découvert dans Relish. La suite que l'on n'osait plus espérer de la part d'une artiste simple, qui n'a en réalité jamais eu l'ambition de rencontrer un succès planétaire, mais simplement vivre de sa musique, en accord avec ses principes et valeurs. Parallèlement à ses activités au sein du groupe Trigger Hippy, Joan Osborne continue d'enregistrer sous son nom. En 2012 sort l'album de reprises à dominante blues Bring It On Home, suivi du huitième album studio Love and Hate au printemps 2014. Trois ans plus tard, elle effectue une série de dates dans des clubs au cours desquelles elle reprend des chansons du répertoire de Bob Dylan. Cette expérience lui donne l'idée de boucler un album, Songs of Bob Dylan, avec ce corpus de reprises, un ensemble varié de standards et de titres un peu plus obscurs de la légende américaine.