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Merle Haggard

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Biographie

Merle Ronald Haggard vient au monde le 6 avril 1937 à Oildale (Californie). Sa vie, comme celle de beaucoup de grands noms de la country, est un véritable roman. Après le décès de son père en 1945, sa mère élève seule ses enfants. Merle Haggard apprend à jouer de la guitare sur un instrument usagé offert par son frère. De nature rebelle, il est envoyé par sa mère dans un centre de détention juvénile pour un week-end. Loin de l'assagir, l'expérience le pousse à se braquer encore plus et à multiplier les fugues. Il enchaîne alors voyages en auto-stop, larcins divers, périodes de détention et petits boulots.

C'est sa rencontre avec Lefty Frizzell en 1953 qui change le cours de sa vie. Ce dernier est impressionné par ses qualités vocales et le pousse à se produire sur scène. Un embryon de carrière ne l'empêche pas de replonger dans une semi-délinquance qui lui vaut encore plusieurs incarcérations. Lors de l'une d'elles, il assiste à un concert de Johnny Cash donnée à la prison de Saint Quentin (Californie), en 1958. Sorti de prison en 1960, Merle Haggard commence à se ranger et travaille avec le label Tally Records pour qui il enregistre ses premières chansons.

Surtout, il commence à développer son propre style, le Bakersfield Sound, en réaction au son trop policé de Nashville (Tennessee). Ce faisant, Merle Haggard se pose en successeur de Hank Williams et de Johnny Cash avec une country qui parle de l'envers du décor du rêve américain. Le Bakersfield Sound devient l'une des bases du style « outlaw » (hors-la-loi), popularisée dans les années 1970 par Willie Nelson et Waylon Jennings, puis reprise par Steve Earle. Il se sert alors de sa vie agitée pour composer des chansons appelées à devenir des standards. Son premier album Stangers sort en 1965. Un an après, son premier classique « The Bottle Let Me Down » se classe n° 3 des charts country. L'album Swinging Doors and the Bottle Let Me Down est n° 1 en octobre 1966.

Sa carrière est enfin véritablement lancée. « I'm a Lonesome Fugitive » lui vaut, toujours en 1966, d'être couronné en single. Il enchaîne alors les numéros un, que ce soit en singles ou en albums, et devient un acteur majeur de la musique country. Dès 1968, la jeune génération contestataire s'empare de son répertoire et montre que sa dimension dépasse largement le cadre de la seule country. The Grateful Dead reprend l'émouvant « Mama Tried » tandis que The Flying Burrito Brothers et Joan Baez s'emparent de ses chansons. Ce personnage hors normes sort en 1981 son autobiographie Sing Me Back Home ainsi qu'un de ses meilleurs albums, Big City. En 1984, il reçoit un Grammy Award pour la chanson « That's the Way Love Goes », écrite en 1976 par Lefty Frizzell et Sanger D. Shafer.

Toujours rebelle dans l'âme, Merle Haggard rompt en 1989 son contrat avec CBS quand le label refuse de sortir la chanson « Me and Crippled Soldiers Give a Damn » qui critique une décision de la Cour Suprême. Malgré ce nouvel écart, Merle Haggard est admis en 1994 au Country Music Hall of Fame. Il réactive sa carrière en 2000 avec l'album If I Couls Only Fly, acclamé par la critique. Sa seconde partie de carrière, moins abondante, est néanmoins marquée par des productions de qualité comme The Bluegrass Sessions (2007) et I Am What I Am (2010). En 2011 paraît son dernier album, Working in Tennessee, avant une ultime collaboration avec Willie Nelson pour le retour, vingt ans après, de Django & Jimmie (2015, n° 1). Il décède peu de temps après, de complications d'une pneumonie, le jour de son 79ème anniversaire, le 6 avril 2016.

Les compilations consacrées à cette grande figure sont légion : The Lonesome Fugitive: The Merle Haggard Anthology (1995), 40 #1 Hits (2004), Hag: The Best of Merle Haggard (2006), le coffret de 6 CDHag: The Studio Recordings 1969-1976 (Bear Family, 2007) et The Complete 60's Capitol Singles (2013) figurent parmi les meilleures de ce personnage à l'influence durable sur les générations futures. Il sert de modèle à Garth Brooks comme à Jewel ou Miranda Lambert.