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Bilal

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Biographie

Bilal Sayeed Oliver naît en août 1979, la tête pleine de rêves de jazz, bercé par la soul dans la grande ville de Philadelphie. Il passe une partie de son enfance à développer ses talents naturels, jusqu'à ce qu'il rejoigne le Conservatoire de musique du Mannes à New York, aidé par sa connaissance de la musique classique apprise dès l'enfance. Son passage au sein de l'institution musicale lui permet d'apprendre à chanter l'opéra dans sept langues différentes et d'acquérir un lexique musical des plus étendus, développant une fascination pour le jazz depuis sa genèse dans les années 1920 à aujourd'hui.

Passant une bonne partie de son temps libre à se produire sur quelques unes des nombreuses scènes musicales de la Grosse Pomme, il rencontre un soir de 1998 Aaron Combs au Sidewalk Café, un membre éminent de Spin Doctors et accessoirement batteur de l'évènement. De fil en aiguille, une cassette remplie de morceaux que Bilal avait enregistrée dans le home studio de Combs atterrit entre les mains d'Ali Shaheed Muhammad, membre d'A Tribe Called Quest, et des copies circulent naturellement entre son collègue Q-Tip, Ouestlove (éminence grise de The Roots) et Common, tout ce monde gravitant des les mêmes univers musicaux.

Il est vite recruté pour assurer les choeurs pour D'Angelo dès 2000 et signe dans la foulée avec Moyamusic, label fondé par Damu Fa Mtume, descendant du musicien réputé pour le contenu social de ses morceaux James Mtume, fondateur du groupe de R&B Mtume dans les années 1980 et également collaborateur de Miles Davis au milieu des années 1970. Il avait rencontré quelques temps auparavant les frères Mtume chez un coiffeur afro de Philadelphie et leur avait également donné le fameux sésame sonore que représentait sa démo. Moyamusic étant une sous-division du géant Interscope, possédant à sa tête le magnat musical Jimmy Iovine, Bilal atterrit naturellement en des terres sonores où musicalité rime avec rentabilité.

Après avoir travaillé avec Erykah Badu sur son second album (Mama's Gun) cette même année, Common vient le démarcher pour son nouvel opus (Like Water for Chocolate), afin d'apporter le funk cher à George Clinton sur un morceau en compagnie de Jill Scott. C'est ce qu'il est possible d'entendre à la fin de « Funky for You », confession d'un maquereau reconnaissant le vide de cette existence cependant cruellement lucrative. Il devient naturellement membre des Soulquarians, cette combinaison de musiciens aux influences soul plongeant leurs racines dans les terres gorgées d'émotions, lorgnant vers les pionniers tout en regardant le futur sans froncer les yeux.

Une première version de « Soul Sista » apparaît sur la bande originale de Love & Basketball, toujours en 2000, co-écrite en compagnie de Mtume Senior et produite par Raphael Saadiq. Elle demeure mémorable, de par l'énergie déployée par Bilal sur le morceau. En compétition avec un nouveau représentant des couleurs soul de Phillie, Musiq Soulchild, il poursuit avec la sortie d'un second single, « Love It », dont le clip emprunte ironiquement des éléments de la vidéo du morceau « Sunny » de Musiq. Là encore, il marque les oreilles avec le falsetto de Bilal toujours aussi maîtrisé.

En 2001, il sort enfin son premier album, intitulé 1st Born Second, sur lequel peuvent être retrouvés quelques-uns des grands noms de la production rap, Dr. Dre en tête. Malgré des thèmes riches, une sincérité évidente et un talent éclatant, salués par la critique, l'album ne rencontre pas le succès escompté en raison d'une promotion des plus désastreuses. L'artiste étant peu aidé par son label, repoussant toujours un peu plus la date de sortie de ce premier projet musical afin de permettre de greffer le morceau de Dr. Dre « Fast Lane » en tant que face B de « Love It ».

Mais la faute est également du côté du public pas forcément motivé pour l'extirper de la masse constituée par tous ces nouveaux artistes contemporains du R&B, tels que Musiq, D'Angelo et consorts. Il rencontre cependant un respect unanime de la part de ses pairs, ainsi qu'une base de fans grandissante, qui n'achètent pas forcément ses disques mais se rendent dans les salles de concert afin d'applaudir l'artiste qu'ils admirent.

Bilal continue à collaborer avec des artistes de la scène rap tels que Clipse et Pharell Williams sur « Nightmares » (qui apparaît sur Hell Hath No Fury, sorti également bien tardivement), Talib Kweli pour « Waitin' for the DJ » et « Talkin' to You » (sur Quality), Jaguar Wright avec « I Can't Wait » pour (Denials Delusions and Decisions) ou encore les allumés du rap Sa-Ra et leur « Sweet Sour You » (issu de The Hollywood Recordings).

Car l'album sur lequel l'artiste s'était attelé, toujours pour Interscope Records, composant et écrivant toutes les musiques, se voit vite rangé dans un placard insonorisé, le label ne voyant pas de viabilité commerciale à sortir un album dont le contenu était déjà intégralement disponible sur la grande toile virtuelle. Bilal est alors sur le point d'arrêter, seuls les messages des fans qui disent apprécier l'album le font changer d'avis. Bilal va alors jouer les titres de Love for Sale sur scène, et faire ainsi exister l'album mort-né. Malgré tout, il faut attendre presque dix ans pour voir Bilal sortir un nouvel enregistrement avec Airtight's Revenge. De nouveaux les critiques sont unanimes mais le public ne suit guère.

Cet album expérimental lui vaut malgré tout d'être nommé aux Grammy Awards pour la chanson « Little One ». Bilal s'engage alors dans une voix plus directe et sort en 2012 la mixtape The Retrospection, composée d'anciens titres et de nouvelles chansons dont deux reprises de Stevie Wonder. Ayant parfaitement préparé le terrain, Bilal goûte enfin au succès avec le sensuel A Love Surreal. Ce troisième disque est en tête des ventes R&B d'iTunes et dix-neuvième au même classement du Billboard. Bilal change enfin de dimension sans rien renier de ses qualités musicales. En 2015 suit In Another Place, produit par Adrian Younge et comptant les participations de Kendrick Lamar, Kimbra et Big K.R.I.T.