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Blondie

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Playlists

Biographie

« La maison de disques m'a envoyé un poster où Debbie [Harry] posait nue, vêtue d'une simple blouse transparente. Elle avait l'air triste. » Lester Bangs
Elle vient de Miami, est blonde, a vingt-neuf ans, aime le folk (un groupe au nom improbable, Wind In The Willows, circa 1968), a été Bunny dans un club Playboy et serveuse au Max's Kansas City, club new-yorkais mythique. Et elle chante dans The Stilletos. Il est natif de Brooklyn, a vingt-cinq ans, est étudiant en art et sèche les cours pour améliorer son jeu de guitare. Et il joue dans The Stilettos. Lorsque Deborah Harry et Chris Stein se rencontrent, au mois d'août 1974, c'est la romance qui bat la mesure, comme pour n'importe qui. Ils croisent l'année suivante le clavier Jimmy Destri, le bassiste Gary Valentine et le batteur Clement « Clem » Burke. L'aventure, mêlant pop, punk, disco, et rap, peut commencer. Dès sa genèse, le groupe baigne dans l'atmosphère artistique si particulière de la ville, côtoyant foultitude de personnalités, à l'instar de Talking Heads, Andy Warhol, Ramones ou Keith Haring (on croisera certaines de ces stars dans leurs clips, comme le peintre Jean-Michel Basquiat).

Le rodage du groupe s'effectue dans le traditionnel circuit des clubs new-yorkais (Mothers, CBGB's, Max's Kansas City...) et convainc de ce fait le label Private Stock Records (plutôt spécialisé dans le disco) de les laisser enregistrer en décembre 1976 leur premier album homonyme. Appuyé par une tournée promotionnelle en compagnie de David Bowie et Iggy Pop (en pleine période « China Girl »), le disque est un succès. Gary Valentine les quitte alors au mois de juillet 1977 pour rejoindre Moon Martin. Il est remplacé par Frank Infante. Au mois d'août de la même année, Chrysalis rachète le contrat du groupe, réédite leur premier effort et, durant l'été, sort leur deuxième album Plastic Letters, suivi d'une tournée européenne et japonaise. Au mois de mars de l'année suivante, le single « Denis » (une reprise de Randy and the Rainbows) atteint la deuxième place des charts britanniques.

Blondie recrute un nouveau bassiste (le Britannique Nigel Harrison), tandis que Frank Infante s'empare alors goulûment de la guitare. Mais le groupe est déjà sur le chantier de son troisième disque Parallel Lines, épaulé par le producteur Mike Chapman. C'est un triomphe : emporté par quatre singles (en fait, quatre hits), l'album se vend à des millions d'exemplaires. Au mois de septembre 1979, leur quatrième production Eat to the Beat s'accompagne d'une première mondiale avec l'édition simultanée de son équivalent vidéo. Le disque (qui offre trois nouveaux hits) sera certifié platine, alors que la chanson « Call Me », produite par Giorgio Moroder, utilisée par le metteur en scène Paul Schrader pour son film American Gigolo, est un nouveau tube. Le cinquième album du groupe, Autoamerican (1980), produit de nouveaux succès, est certifié platine et n'est pas éclipsé par Koo Koo, premier album solo (certes, disque d'or) de Deborah Harry, produit par les deux magiciens de Chic Bernard Edwards et Nile Rodgers et illustré par une peinture piquante du créateur au cinéma de la créature d'Alien.

Les tensions commencent à se faire jour au sein du groupe. Infante, en particulier, se plaint de faire tapisserie durant les séances d'enregistrement et d'être utilisé dans une proportion particulièrement ténue. Le label capitalise alors les triomphes successifs du groupe en éditant un Best of Blondie. En 1982, sortie de route à l'occasion de l'édition d'un nouvel album, The Hunter, qui, par ailleurs, est un échec commercial. On diagnostique en effet chez Chris Stein une affection génétique rare de la peau (le pemphigus), qui impose à Blondie un congé de longue durée.

Chacun suit sa route : Deborah Harry fréquente les studios de cinéma (qui a oublié l'écran de télévision aux lèvres purpurines du Videodrome de David Cronenberg ?... Et qui n'est pas resté dubitatif face à sa prestation dans le Hairspray de John Waters ?). Elle enregistre quelques albums en solo. Clem Burke part en tournée avec divers artistes ou participe à des séances avec des chanteurs majeurs (Joan Jett, Bob Dylan, Pete Townshend, Iggy Pop) ; Jimmy Destri enregistre également un album en nom propre avant de prendre ses distances avec la musique et Chris Stein fonde un label éphémère (Animal Records), puis se concentre sur la production (Iggy Pop, Gun Club). Enfin, ce dernier se sépare de la chanteuse. En 1997, le groupe Erasure visite les tubes « Rapture » et « Heart of Glass » alors que la version d'« Atomic », enregistrée par Sleeper, est utilisée pour le compte du film Trainspotting. Mais, pour la majorité des fans, Blondie est désormais une histoire morte et enterrée.

C'est donc en toute stupéfaction que la planète accueille en 1997 une tournée européenne de Blondie, premières réapparitions du groupe sur scène après seize années d'abstinence. Et c'est en 1998 que sort le septième album des Américains, No Exit, produit par le légendaire Craig Leon. Il s'agit en fait d'un retour aux sources, Leon ayant assuré la fonction d'assistant producteur pour Richard Gottehrer à l'occasion de leur premier album (il avait également produit leur tout premier 45 tours « X Offender »). Le disque, enregistré par la formation originelle (Harry, Stein, Burke et Destri), offre le sentiment troublant que le temps s'est arrêté, permettant de retrouver intacts l'inspiration du groupe, les mélodies accrocheuses et la voix diaphane. Dopé par le single « Maria » (numéro un dans quatorze pays), il se vend à plus de deux millions d'exemplaires et s'accompagne de tournées promotionnelles britannique, européenne et américaine.

L'année suivante, Blondie accueille deux nouveaux membres : le bassiste Leigh Foxx et le guitariste Paul Carbonara. Précédé de différents albums en public, The Curse of Blondie, huitième épisode en studio de la saga, paraît en 2003. En 2004, Blondie, qui a toujours été particulièrement vigilant par rapport à son image, édite un DVD de prestations en public, Live by Request. Blondie a été admis en 2006 au Rock and Roll Hall of Fame : une façon exemplaire de fêter le trentième anniversaire du groupe... ainsi que de promouvoir Greatest Hits: Sound and Vision, nouvelle compilation de leurs clips et autres vidéos.

En 2008, la réédition de l'album Parallel Lines s'est vendue à vingt millions d'exemplaires dans le monde. En plein été 2011, plus blonde que jamais, Debbie Harry revient hanter les mémoires avec Panic of Girls, album de rock adolescent auquel participent les deux survivants du groupe originel, Chris Stein et Clem Burke. Ce neuvième enregistrement comprend notamment deux titres en espagnol et un en français (« Le Bleu », dédié à Serge Gainsbourg et Jacques Brel).

Pour fêter dignement ses quarante ans de carrière, Blondie fait coup double en ré-enregistrant ses plus grands tubes et en sortant un nouvel album. Les deux disques sont réunis dans Blondie 4(0) Ever: Greatest Hits Deluxe Redux / Ghosts of Download, paru en mai 2014. L'album compte les collaborations de Beth Ditto, Systema Solar et Los Rakas. Le suivant, Pollinator, est produit par John Congleton et sort trois ans plus tard. Joan Jett, The Gregory Brothers et Laurie Anderson figurent au rang des collaborations.