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Primal Scream

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Biographie

Bobby Gillepsie vient de Glasgow, ville sombre, au déclin inéluctable. À la fin des années 1970, le chômage monte vite, aiguisé par la concurrence étrangère. Dans ce marasme pré-thatchérien, le jeune Gillepsie reçoit de son père des idéaux socialistes et découvre, dans le même élan, le mouvement punk auquel il adhère rapidement. Il tente ainsi de fonder de nombreux petits groupes avec ses amis de Glasgow. Sans grand succès, jusqu'à ce qu'il soit appelé au chevet d'un groupe qui allait rapidement devenir très important en Grande-Bretagne, The Jesus and Mary Chain, dont il devient le batteur en 1984.

Mais Bobby Gillepsie va prendre la tangente de ce groupe. Au lieu du rock éthéré et gothique des Jesus and Mary Chain, il choisit de se consacrer à une musique beaucoup plus naïve, celle du rock des sixties. Il fonde pour cela un autre groupe avec son ami Jim Beattie. Il en devient le chanteur attitré et baptise le groupe Primal Scream. Signés en 1985 sur le jeune label Creation, ils réalisent plusieurs singles mineurs. Le groupe ne décolle vraiment qu'en 1986 quand Bobby Gillepsie laisse définitivement tomber The Jesus and Mary Chain. Dans le même élan, les guitaristes Andrew Innes et Robert Young rejoignent le groupe. Un de leurs morceaux, « Velocity Girl », se retrouve sur la fameuse compilation C86 qui définît au milieu des années 1980 la tenue de la scène anglaise indépendante.

C'est en 1987 que sort le premier album des Primal Scream. Sonic Flower Groove s'inscrit dans la ligne droite de C86. Un premier essai qui n'enthousiasme pas les critiques anglais. Le second album, Primal Scream deux ans plus tard, est encore plus marqué par les influences du passé. On y retrouve les riffs boostés aux amphétamines de The Stooges et le rock brut façon The Rolling Stones. Alors que Primal Scream fait un début de carrière honorable sans être extraordinaire, une inspiration géniale de Bobby Gillepsie va tout faire basculer. Sentant la planète musicale chavirer, l'Ecossais décide de confier une chanson du LP Primal Scream à un ami DJ, Andrew Weatherall. « I'm Losing More That I'll Never Have » est complètement transfiguré par une rythmique dub qui vient en surimpression de l'instrumentation originale, le tout rehaussé de quelques samples bien choisis. La nouvelle version intitulée « Loaded » fait très forte impression. Les charts sont conquis, le rock et la techno réconciliés. Symboliquement, le coup porté au bon vieux rock est colossal.

Sur cette brillante lancée, Primal Scream sort en 1991 son chef d'oeuvre Screamadelica. Des années plus tard, Bobby Gillepsie déclarera à un journaliste : « Si le premier Primal Scream était acid et le second speed, la troisième phase fût « E. ». E. comme ecstasy bien sûr, la nouvelle drogue en vogue dans les milieux underground. Une drogue qui inspira aussi le Technique de New Order quelques années plus tôt. « Come Together », le premier single de Screamadelica confirme la tendance entrevue dans les boucles hallucinées de « Loaded » : Primal Scream pose les bases d'un nouveau psychédélisme qui fait entrer la techno, l'acid house et le dub dans le rock. Les critiques sont dithyrambiques et les années 1990 britanniques s'ouvrent sur ce précédent.

L'après-Screamadelica est plus difficile que prévu. Alors que tout le monde attend avec impatience un nouvel album dans la même lignée que le précédent, Primal Scream fait son retour en 1994 avec un Give Out But Don't Give Up qui surprend le public. En effet, les Ecossais reviennent à une formule beaucoup plus traditionnelle, inspirée par le hard rock des années 1970 (Led Zeppelin et compagnie). L'album est un relatif échec commercial. Frappé mais pas sonné, le groupe réagit en 1996 avec la bande-son du film Trainspotting pour laquelle ils retrouvent une partie de leur réputation de défricheurs musicaux.

Pour Vanishing Point en 1997, Bobby Gillespsie cherche à retrouver le lustre passé et rappelle à la barre Andrew Weatherall. Le DJ parvient à ressusciter l'esprit de Primal Scream et les critiques sont de nouveau favorables. À l'heure de passer le cap du XXIème siècle, le groupe reste une référence unanimement saluée. En 2000 sort le destructeur XTRMNTR qui se veut une vision de l'apocalypse urbaine en mixant hip-hop, trance et funk sombre. En 2002, Evil Heat, comprenant un duo avec Kate Moss, souffle sur les braises du passé tandis que son successeur Riot City Blues, largué quatre ans plus tard, retrouve des accents rock brûlants avec les hits « Country Girl » et « Dolls ».

Il faut encore attendre quatre années de plus et une tournée avec My Bloody Valentine pour voir émerger en 2008 Beautiful Future, amené par « Can't Go Back ». Cette collaboration avec les producteurs Björn Yttling et Paul Epworth est suivie d'une tournée nostalgique comme en atteste le Screamadelica Tour assorti en 2012 d'un album et d'un DVD. Précédé par les extraits « 2013 » et « It's Alright, It's OK », assez éloignés de la réputation du groupe, l'album More Light de mai 2013 (sans Mani Mounfield, remplacé par Barrie Cadogan, Debbie Googe puis Simone Butler) montre un Primal Scream toujours offensif, épaulé dans son entreprise par le producteur David Holmes et les proches Robert Plant et Mark Stewart. Trois ans plus tard, le producteur Björn Yttling est de retour aux commandes de Chaosmosis, onzième album porté par les titres « Where the Light Gets In » , avec Sky Ferreira, et « I Can Change ».