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Herbie Hancock

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Biographie

IntĂ©ressĂ© très tĂ´t par la musique, mĂŞme si ses parents ne sont pas musiciens professionnels, Herbert Hancock (nĂ© le 12 avril 1940) prend ses premières leçons de piano Ă  l'âge de 7 ans, devient quatre ans plus tard soliste au Chicago Symphony Orchestra et interprète le Concerto en rĂ© majeur de Mozart puis le Concerto brandebourgeois n°2 de Bach. Il se prend de passion pour le jazz Ă  l'Ă©coute d'Oscar Peterson et de George Shearing. Une nouvelle orientation qui lui fait abandonner le concerto alors qu'il prĂ©pare vers la fin des annĂ©es 1950 un diplĂ´me d'ingĂ©nieur au Grinnell College. Il y remportera d'ailleurs un prix de composition musicale.

Son jeu de piano classique accompli est doublĂ© d'un talent certain pour jouer le jazz et le rythm'n'blues. Durant les annĂ©es 1950, Ă  Chicago, Herbie Hancock accompagne Lee Morgan, Hank Mobley et Donald Byrd. Ă€ la Roosevelt University de Chicago, il approfondit sa culture musicale puis Ă©tudie Ă  la Manhattan School of Music, notamment avec Vittorio Giannini. Il donne son premier concert avec des musiciens de renom comme Coleman Hawkins. En dĂ©cembre 1960, il rejoint Donald Byrd, son mentor, qui l'introduira chez Blues Note. Il travaille ensuite avec Phil Woods et Oliver Nelson, accompagnant quelques chanteurs et faisant ses premières apparitions Ă  la tĂ©lĂ©vision.

John Tynan voit en lui « un nouveau soliste de grand talent avec un énorme son, énergique, en pleine maturité et une conviction franche ». Encouragé par Byrd, Herbie Hancock l'accompagne sur la route de New York en 1961. Il enregistre pour le label Blue Note et y rencontre entre autres Phil Woods et Oliver Nelson. Sa collaboration avec Alfred Lion perfectionnera ses facultés de pianiste et de compositeur. Il participe au Free Form de Donald Byrd et démarre sa carrière solo en s'ouvrant aux nouvelles expérimentations et aux sons d'Amérique latine (Cuba, Brésil). Son premier album Takin' off (avec « Watermelon Man »), paru en 1962, est un succès immédiat.

Fort de ce succès populaire, Miles Davis l'invite en mai 1963 Ă  le rejoindre pour un contrat de cinq ans en devenant membre de son nouveau quintette. Herbie Hancock ne prend pas au sĂ©rieux cette proposition, songeant qu'il ne s'agit que de rumeurs mais finit par accepter sur les conseils avisĂ©s de Donald Byrd. Cette formation historique regroupe Ron Carter, Tony Williams, George Coleman et plus tard, Wayne Shorter. Elle produit en 1963 Seven Steps to Heaven . Dans l'histoire du jazz, la section rythmique Hancock, Carter et Williams sera l'une des plus originales et des plus brillantes. Ă€ cette Ă©poque, il enregistre Ă  nouveau avec Donald Byrd pour A New Perspective et avec Grachan Moncur pour Some Other Stuff .

Sa rencontre avec Miles Davis lui inspira Maiden Voyage , album rĂ©alisĂ© pour Blue Note. Sorti en 1965, le titre homonyme demeure encore aujourd'hui un classique du jazz.  Empyrean Isles et Speak Like a Child , enregistrĂ©s sous son nom, marquent par leurs innovations en cette fin des annĂ©es 1960. L'album suivant , The Prisoner , est d'une harmonie jazz toute inspirĂ©e de Gil Evans, en plus des influences de Miles Davis. Ce titre Ă©voque l'emprisonnement des Afro-AmĂ©ricains et le premier morceau, « I Have a Dream » , est un hommage rendu au dĂ©funt Martin Luther King. La composition est inspirĂ©e du Sacre du Printemps de Stravinsky, qui fut l'un des premiers musiciens Ă  introduire le jazz dans la musique classique, Ă  sa manière. Hancock se rapproche Ă©galement d'autres grands inventeurs noirs de cette Ă©poque tel que Quincy Jones. Enfin, pour le rĂ©alisateur italien Michel Angelo Antonioni, il enregistre la bande originale du film Blow Up , mĂ©langeant jazz, pop et free jazz. PassĂ© la pĂ©riode post-bop, Hancock accompagnera Miles Davis dans l'exploration des instruments Ă©lectriques.

La rencontre avec Betty Mabry sera en effet dĂ©terminante pour Miles Davis. En dĂ©couvrant Jimi Hendrix, qu'elle lui prĂ©sente, ainsi que James Brown et Sly & the Family Stone, son parti-pris Ă©lectrique Ă©clate bientĂ´t au grand jour. En commençant par le studio, oĂą il proposa Ă  un Herbie Hancock surpris de jouer sur un piano Ă©lectrique Fender Rhodes et de l'utiliser pour l'enregistrement du prochain Miles in the Sky , en 1968. Avec lui, Joe Zawinul et Chick Corea sont les pionniers de l'introduction des sonoritĂ©s Ă©lectriques offertes par ce piano, et Ă©lectroniques, caractĂ©ristiques du synthĂ©tiseur Moog, dans le monde du jazz. Cet abandon des sons classiques choque plus d'un puriste et critique de jazz.

L'album Filles de Kilimanjaro annonce en grande pompe le parti-pris pour l'Ă©lectrique de Herbie Hancock. Il quitte le quintette en 1968. MalgrĂ© son dĂ©part, il apparaĂ®t encore derrière les claviers sur quelques enregistrements comme In a Silent Way (1969), Live Evil (1970), A Tribute to Jack Johnson (1970) et On the Corner (1972). InspirĂ© du titre funk « Papa's Got a Brand New Bag » de James Brown, il sort Fat Albert Rotunda  en 1969, chez Warner Bros., pour l'Ă©mission tĂ©lĂ©visĂ©e Bill Cosby's Show , regardĂ©e par des enfants admirateurs de soul. Pionnier, le sextette formĂ© cette mĂŞme annĂ©e avec le saxophoniste Bernie Maupin se lance Ă  son tour dans le jazz rock (le Lifetime de Tony Williams, fondĂ© en 1968, demeure officiellement le premier du genre). Stanley Clarke, Weather Report, Eumir Deodato et Santana se joindront eux aussi bientĂ´t Ă  cette fusion des genres.
Le sextette d'Herbie Hancock produit trois albums jusqu'en 1972. Hancock explore en premier lieu le monde de There's a Riot Goin' On , l'album maudit de Sly & the Family Stone. Durant cette pĂ©riode, couvrant les sorties successives des trois albums issus des sĂ©ances Mwandishi , le public rĂ©agit peu : difficile de toucher le public de Sly Stone avec des albums aussi cĂ©rĂ©braux. La formation est composĂ©e du batteur Billy Hart, du bassiste Buster Willliams et de Bennie Maupin. Il fait aussi appel Ă  Patrick Gleason en 1971, spĂ©cialiste dans la programmation des synthĂ©tiseurs. Ă€ cette Ă©poque, les musiciens se donnent des surnoms anglais et africains, Hancock choisit le patronyme swahili de « Mwandishi ». Mwandishi (1970) et Crossings (1971), sortent chez Warner Bros. avant qu'il ne signe chez Columbia et ne sorte Sextant en 1972. La pĂ©riode Mwandishi se clĂ´t finalement par ce dernier album. C'est durant ces sĂ©ances qu'il dĂ©couvre le bouddhisme. PĂ©riode difficile pour le claviĂ©riste du fait des faibles ventes et des salles de concert qui se vident : Herbie Hancock dissout le sextette. En Ă©tudiant le bouddhisme, il comprend que son rĂ´le en tant que musicien est de rendre son public heureux. Il dĂ©cide alors de faire quelque chose de complètement neuf. Fan de James Brown et de Sly Stone, il s'oriente dĂ©sormais vers un jazz Ă©lectronique très inspirĂ© du funk.

En 1972, Herbie Hancock, ainsi que Bennie Maupin, participent à l'enregistrement de On the Corner de Miles Davis, inspiré entre autres de Sly Stone. Ironie du sort, les ventes ne sont pas au rendez-vous. Mais la même année, à l'instar des « enfants de Miles », Herbie Hancock développe son propre concept musical avec ses Headhunters. L'album du même nom, très novateur, classe Herbie Hancock dans la cour des grands du jazz, aux côtés de Charlie Parker, Miles Davis ou John Coltrane. L'année suivante, le second album des Headhunters est lui aussi un succès. Avant de revenir à un jazz plus acoustique, en 1975, pour Man-Child , Hancock invite Johnny « Guitar » Watson et le futur guitariste de Funkadelic, Blackbird McKnight. Stevie Wonder y joue également de l'harmonica.

Alors que les Headhunters produisent un troisième album, Survival of the Fittest (1975), Hancock poursuit ses expĂ©riences avec des formations plus acoustiques. Ă€ l'occasion du Festival de Newport en 1976, qui lui est consacrĂ©, il reforme non seulement les Headhunters mais invite aussi d'anciens musiciens hard bop sous le nom de VSOP. En 1978, Herbie Hancock apparaĂ®t sur scène lors d'un duo acoustique avec Chick Corea, son successeur claviĂ©riste au sein de la formation Ă©lectrique de Miles Davis. Dedication (1974) et Sunlight (1978, avec une apparition de Jaco Pastorius Ă  la basse), sont produits au Japon.

PassĂ© les annĂ©es 1970, Hancock abandonne les deux synthĂ©tiseurs ARP de l'Ă©poque Headhunters pour adopter quelques 14 instruments, ce dès Mr. Hands (1981). Ce dernier, ainsi que Monster (1980), Magic Windows (1981) et Lite Me Up (1982), prennent une tournure très disco que ses fans lui reprochent. D'autres applaudissent sa versatilitĂ© et cette proximitĂ© du grand public. Durant les annĂ©es 1980, Herbie Hancock poursuit la fusion des genres et devient l'auteur d'immenses succès pop. Il embrasse les annĂ©es 1980 sur fond d'expĂ©rimentations Ă©lectroniques, d'autant plus que ses innovations prennent parfois des allures visionnaires.

En 1983, le très rĂ©volutionnaire hit « Rock it » entrouvre de nouvelles possibilitĂ©s musicales et fait figure d'Ă©vènement fondateur du hip-hop avec l'introduction du scratch. Lui succède logiquement Sound System (1984) et Perfect Machine (1988). Toujours dans les annĂ©es 1980, il consacre un album Ă  des reprises allant de Madonna Ă  Prince puis reforme les Headhunters pour une tournĂ©e d'une vingtaine de concerts aux Etats-Unis. De 1985 Ă  1986, il consacre au Japon sa facette jazz avec Buster Williams, Al Foster, Ron Carter et Bobby Hutcherson. Durant cette dĂ©cennie camĂ©lĂ©on, Hancock reçoit en 1987 l'Academy Award pour la bande originale du film Autour de minuit de Bertrand Tavernier.

En 1991, Hancock accompagne pour deux concerts ultimes Ă  La Villette et Ă  Los Angeles un Miles Davis condamnĂ© par le sida (d'après une information parue dans le New Musical Express , jamais confirmĂ©e). C'est en grande partie grâce Ă  ce grand musicien qu'Hancock aime Ă  propulser les musiques actuelles vers l'avenir. Durant cette dĂ©cennie, DJ et rappeurs redĂ©couvrent son oeuvre foisonnante. Plus tard, pour l'album Future 2  Future , il invite Rob Swift. L'album  Gershwin's World , sorti en 1998, lui vaut de recevoir deux Grammy Awards. CaractĂ©ristique de son attachement Ă  lier tradition et modernitĂ©, il laisse une empreinte significative de par son approche musicale. Mais les fans lui reprochent d'abuser parfois de ces concepts, comme dans Possibilities (2005), loin en-dessous de son potentiel musical.

En 2007, l'album River: The Joni Letters , hommage consacré à l'auteur-compositeur et interprète de jazz et de pop Joni Mitchell, recueille les lauriers de la critique et de la profession. L'album est récompensé par un Grammy Award. En 2010, pour fêter son 70ème anniversaire, Herbie Hancock part à la rencontre de musiciens de tous bords pour enregistrer son album le plus ambitieux. The Imagine Project réunit une pléiade de stars : John Legend, Jeff Beck, Manu Katché,Tinariwen, Marcus Miller, Wayne Shorter, Los Lobos, James Morrison, Seal, Pink, Juanes, Derek Trucks, Dave Matthews et Anoushka Shankar.