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Neil Young

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Top titres de l'artiste

Heart of Gold Neil Young 03:07
Old Man Neil Young 03:22
Harvest Moon Neil Young 05:03
White Line Neil Young, Robbie Robertson 03:13
Rockin' in the Free World Neil Young 04:41
Vacancy Neil Young 03:58
Out on the Weekend Neil Young 04:31
My My, Hey Hey (Out of the Blue) Neil Young, Crazy Horse 03:47
Harvest Neil Young 03:09
A Man Needs a Maid Neil Young 04:02

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Playlists

Biographie

Né le 12 novembre 1945 à Toronto (Canada), Neil Young débute au début des années 1960 avec le groupe The Mynah Birds.

En 1966, alors que Bob Dylan se coupe d'une partie de ses fans en électrisant sa musique, Neil Young débute au sein du groupe Buffalo Springfield dont l'existence ne dure que vingt-cinq mois. Guitariste solo, il acquiert au contact de l'excellent guitariste et compositeur Stephen Stills (qu'il suivra dans Crosby, Stills, Nash & Young) l'expérience de la scène et l'envie d'écrire et de chanter pour lui-même.

Buffalo Springfield produira trois albums ( Buffalo Springfield en 1966, Buffalo Springfield Again l'année suivante et Last Time Around, édité après la rupture) reflètant les difficultés d'existence du groupe liées à l'insuccès commercial des deux premiers disques et au conflit ouvert entre Stephen Stills et Neil Young. Celui-ci s'absente souvent, lors de promotions télé du groupe ou pendant des festivals prestigieux (Monterey Pop Festival de 1967) et de fait, ne propose à ses compagnons que des chansons déjà achevées et arrangées (les superbes « Expecting to Fly » et « Broken Arrow »). De cette aventure collective subsiste surtout un deuxième album, Buffalo Springfield Again, qui marque son époque (« Mr. Soul  » de Neil Young, dont la rythmique est empruntée au « Satisfaction » de The Rolling Stones, et « For What It's Worth », écrit par Stephen Stills, classé 7ème dans les charts américains).

Désormais seul, le musicien canadien sort son premier album solo, Neil Young, en 1968, marqué par l'orchestration luxuriante de Jack Nitzsche (qui officiait déjà sur certains morceaux de Buffalo Springfield) mais duquel ressortent quelques perles (« The Loner », qui devient son surnom) avant de s'achever sur un surréaliste « Last Trip to Tulsa » de neuf minutes où il n'apparaît pas plus clair que son texte.

Au moment de l'enregistrement de son deuxième album, Everybody Knows This Is Nowhere, en 1969, naît la première collaboration avec le Crazy Horse, groupe qui l'accompagnera irrégulièrement mais longtemps. Neil Young rejoint ensuite David Crosby (ex-The Byrds), Stephen Stills et Graham Nash (ex-The Hollies) pour former l'une des formations majeures de la décennie suivante. La perfection de l'ensemble n'a d'égal que le talent individuel des quatre créateurs du groupe, qui composent et jouent alors une série de chefs d'oeuvre portés par de magnifiques harmonies vocales et de longs échanges de guitare entre Stephen Stills, Neil Young et David Crosby (que l'on retrouve dans le fameux Déjà Vu de 1970, mais surtout en concert au Filmore East de New York au printemps 1971, sur 4 Ways Street ).

« Helpless »
, « Country Girl » ou « Almost Cut My Hair » sont les témoignages de cette deuxième tentative de vie en groupe de Neil Young qui, comme il l'avait fait au sein de Buffalo Springfield, ne cessera de se démarquer des autres musiciens au point de réserver ses meilleures chansons pour ses propres albums (After the Gold Rush). Détestant jouer dans les stades (lors du concert-événement de Woodstock en 1969, il menace de ne pas jouer si les caméras ne sont pas éteintes et n'apparaît donc pas dans le film), il reproche également aux autres leur manque de spontanéïté (arrangements sans fin des chansons en studio) et leur égocentrisme, ce qu'il résumera en qualifiant Déjà Vu d'album « enregistré par Crosby, Stills, Nash plus Young ».

L'énorme succès du groupe, en fusion totale avec l'époque (chansons contestataires sur le Vietnam ou sur les droits civiques telles « Ohio » et « Southern Man »), tournera hélas la tête de ses membres qui donneront leur dernier concert au pic de leur popularité, en juillet 1970, avant que chacun n'entame une carrière solo. Neil Young voit rapidement sa stratégie de distanciation récompensée au moment où le courant contestataire s'essouffle et que la jeunesse américaine acquiert une vision plus cynique et moins naïve du monde. La vie communautaire passe de mode et Neil Young peut repartir en solitaire et en tête des ventes avec Harvest (1972), album qui s'affranchit des mauvaises critiques pour obtenir un succès immédiat porté par le tube « Heart of Gold ».

Neil Young tient là sa première récompense individuelle mais n'a pas le temps d'en profiter longtemps, l'annonce de la mort par overdose de son guitariste et ami Danny Whitten, membre du Crazy Horse, le plongeant dans une phase dépressive qui - paradoxalement - l'inspirera au point que deux des trois albums (la « trilogie de la boue ») qu'il enregistrera durant cette sombre période sont aujourd'hui considérés comme ses meilleures productions : oublier le concert haï de la tournée des stades, Times Fades Away, pour mieux apprécier le disloqué Tonight's The Night, enregistré en studio mais en direct, et la perle On the Beach, purges claustrophobiques censées extirper le mal par le jeu, où le restant du Crazy Horse, retrouvé pour l'occasion, se noie dans l'alcool et dans des blues frustrés aux rythmes décalés et aux chants plaintifs.

Neil Young enterre là son rêve hippie et rentre dans l'âge de l'amertume lors d'une tournée déroutante où le public médusé, au lieu des ballades country d'Harvest, assiste à la mise à nu de l'âme du plus que jamais solitaire, à travers des monologues sans fin sur Danny Whitten et Bruce Berry, autre proche décédé récemment. La rédemption viendra par le collectif, d'abord avec Stephen Stills pour une expérience de courte de durée qui débouche sur l'album Long May You Run et une tournée que Neil Young abandonne en plein milieu, puis par une série de disques avec le Crazy Horse et son nouveau guitariste : Zuma et Rust Never Sleeps  en sont les exemplaires les plus notables, le point culminant étant atteint avec Live Rust, qui résume la schizophrénie du Canadien à travers ses deux faces acoustique et électrique.

Les années 1980 voient l'artiste tenter de trouver à tout prix une issue à ses malheurs récurrents (ses deux enfants se révèlent autistes) en s'aventurant sur les territoires extrêmes du rock électronique de Trans (1982), du rock'n'roll rose bonbon de Everybody's Shakin' (1985) et de la country traditionaliste, avec un insuccès logique. Le retour en grâce du guitar hero se produit au moment de la vague grunge qui reconnaît en lui l'un de ses précurseurs, au titre de ses larsens légendaires et autres murs du son qu'il retrouve avec bonheur, en même temps que son Crazy Horse.

En 1990,  Ragged Glory  le voit monter sur ses grands chevaux et relancer une carrière alternant projets acoustiques en solo (la suite d'Harvest : Harvest Moon) et cavalcades électriques avec le « Cheval Fou », ou encore les disciples de Pearl Jam. Il exorcise patiemment la mort de Kurt Cobain, leader du groupe Nirvana par des chansons dans lesquelles l'amour prend une place prépondérante sans pour autant retenir la rage qu'il porte dans Living With War, brûlot incandescent adressé à l'Amérique et à son président belliqueux de la guerre en Irak, lui rappellant les cauchemars du Vietnam.

L'homme revisite ainsi son passé au gré des reformations épisodiques de Crosby, Stills, Nash & Young et des parutions d'inédits tirés de ses archives (en 2006 sort le Live At Filmore East enregistré en 1970) et illustrant l'extraordinaire créativité d'un auteur-compositeur qui aura su se démultiplier en solo ou en groupe et créer tous azimuts un répertoire prenant place parmi les classiques de l'histoire du rock.

Après un Fork In The Road passable au printemps 2009, Neil Young revient avec son compatriote producteur Daniel Lanois pour le superbe album Le Noise, aussi volontaire sur le plan électrique qu'engagé sur le plan humanitaire. Parallèlement à sa sortie, le « Loner » embarque en septembre dans une tournée de soutien à la région louisianaise touchée de plein fouet par la catastrophe pétrolière de British Petroleum. Le Noise est ensuite récompensé par un Juno et un Grammy Award.Puisant dans ses archives, Neil Young en ressort une nouvelle et heureuse curiosité avec A Treasure (juin 2011), album simple proposant une douzaine d'extraits de la tournée 1984-1985 avec son groupe d'alors, The International Harvesters. L'opus à tendance acoustique contient quelques classiques et cinq titres inédits dont « Amber Jean ».

En 2012, Neil Young retrouve son groupe fétiche Crazy Horse pour Americana. Cet album de reprises contient onze classiques de la musique américaine traditionnelle, repris de main de maître par l'artiste et ses musiciens. Les complices récidivent quelques mois plus tard avec leur premier disque de matériel original depuis Greendale en 2003. Psychedelic Pill, qui n'est pas sans rappeler la période Rust Never Sleeps, sort en octobre 2012. Il ne faut pas attendre plus de quelques mois pour voir le « Loner » revenir avec un nouvel album de reprises enregistré dan le studio de Jack White. Paru en mai 2014, A Letter Home comprend des interprétations de classiques signés Bob Dylan, Phil Ochs, Tim Hardin ou Willie Nelson.

Trois mois après, le Canadien prolixe sort son trente-cinquième album Storytone, double recueil de dix chansons présentées en versions solo et orchestrale. Le premier extrait au ton militant, « Who's Gonna Stand Up? », ajoute deux versions séparées en public avec Crazy Horse et avec un choeur d'enfants. L'année suivante le voit retrouver en groupe ses ardeurs contestataires le long du double album The Monsanto Years, dans lequel le défenseur de l'environnement s'en prend non seulement au géant américain de l'agro-alimentaire, mais à d'autres enseignes de l'industrie (WalMart, Starbucks). Par contre, celle de la musique, il l'alimente allègrement, puisque dans la foulée, il publie trois albums en public : Blue Note Cafe qui replonge l'auditeur dans la période 1987-1988 de la tournée américaine de This Note's For You ; Earth qui offre un retour dans le présent avec un Neil Young revigoré par l'énergie de son jeune groupe, Promise of the Real et enfin Under the Covers, qui, comme son nom l'indique, regroupe des reprises de ses idoles comme Bob Dylan ou Elvis Presley.

Mais Neil Young ne se tient jamais longtemps éloigné des studios. En 2016, il investit donc les studios Shangri-La de son ami Rick Rubin, avec une équipe resserrée : le producteur John Hanlon, qui avait déjà supervisé Earth, Jim Keltner, musicien de séance chevronné et collaborateur privilégié de Ry Cooder à la batterie et Paul Bushnell à la basse. C'est donc avec ce trio que Neil Young enregistre en quatre jours les dix titres majoritairement acoustiques de Peace Trail.

En 2017, Neil Young satisfait la frustration de ses fans en publiant l'album Hitchhiker, quarante-et-un ans après son enregistrement dans les studios Indigo Ranch de Malibu (1976). Album perdu et dénigré par son auteur, il contient une petite dizaine de titres acoustiques produits par David Briggs. Le 1er décembre, parallèlement à la sortie de The Visitor, il met à disposition l'ensemble de ses archives sur son site internet. Toujours épaulé par le groupe Promise of the Real de Lukas Nelson, il compose, produit et joue dans le film Paradox de Daryl Hannah, une fable écologique dont la bande originale paraît en avril 2018. Quelques mois plus tard paraît Songs for Judy, un album enregistré durant la tournée de novembre 1976, en solo et avec le groupe Crazy Horse.